Asperges et fraises : les consommateurs sont aux anges à La Marquise de Vers avec ces productions

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À Vers-Pont-du-Gard, il suffit de passer à La Marquise de Vers pour sentir que quelque chose se passe. Entre les rangs, le hangar et les allers-retours des équipes, la saison des asperges tourne à plein régime. Et avec les fraises qui arrivent aussi, les consommateurs ont de quoi sourire.

Une exploitation qui vit au rythme des saisons

Chez Jérôme Taulelle, rien n’est laissé au hasard. L’exploitation avance au rythme des récoltes, mais aussi de tout le travail invisible qui les prépare. L’asperge, par exemple, demande de la patience. Beaucoup de patience.

La récolte actuelle doit se poursuivre jusqu’autour du 20 mai. Une vingtaine de personnes est mobilisée pour cette période intense. Cela donne une vraie ambiance de ruche. On coupe, on trie, on lave, on calibre. Tout va vite, mais tout doit rester précis.

Et ce n’est que la partie visible. Avant d’arriver dans l’assiette, l’asperge a déjà vécu une longue histoire.

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L’asperge, une culture qui demande du temps et du soin

À La Marquise de Vers, l’asperge est une culture pérenne. Elle peut produire pendant une dizaine d’années. La première récolte commence seulement à partir de la deuxième année. Autant dire qu’il faut accepter de travailler pour demain, pas pour tout de suite.

Les griffes d’asperges viennent de pépinières et sont plantées au printemps. Ensuite, il faut surveiller le feuillage, arroser avec attention et surtout bien gérer l’irrigation. Le producteur le dit clairement : c’est décisif. Sans eau bien dosée, pas de belle récolte.

Puis vient l’été. C’est le moment où l’on prépare déjà la saison suivante. Le feuillage doit rester sain jusqu’à l’automne. Après les premières gelées, il est broyé puis enfoui. En décembre, on façonne les buttes pour l’asperge blanche ou les planches pour l’asperge verte. Tout se joue là, dans ces gestes précis et souvent invisibles.

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Blanche ou verte, deux asperges, deux caractères

Les clients trouvent à la vente directe deux grandes familles : l’asperge blanche et l’asperge verte. La blanche ne doit jamais voir la lumière. La verte, elle, développe un goût plus marqué. C’est d’ailleurs elle qui remporte le plus de succès, avec 75 % des achats.

La verte plaît pour sa simplicité et son goût plus franc. Le producteur donne même une idée très simple pour la cuisine : les pointes au four à 180 degrés pendant 20 à 25 minutes, avec un peu de fleur de sel et de l’huile d’olive. C’est tout. Et c’est souvent comme ça que les meilleurs produits brillent.

La récolte demande aussi de la rigueur après la coupe. Les asperges sont lavées et coupées dans le hangar dès leur arrivée. Elles sont ensuite calibrées pour le marché. Les particuliers les achètent entre 5,50 et 10,50 euros le kilo selon la catégorie. Ce tri permet de proposer des produits bien adaptés à chaque usage.

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Une saison délicate, mais un bon calibre cette année

L’hiver dernier n’a pas été facile. L’excès d’eau a inquiété l’équipe. Ce genre de conditions peut favoriser des maladies comme la fusariose, qui abîme les racines et peut causer de gros dégâts. Il faut aussi rester vigilant face au rhizoctone violet, une autre maladie redoutée des producteurs.

Malgré cela, Jérôme Taulelle reste confiant. Selon lui, la saison est belle en termes de calibre. Pour les consommateurs, c’est une bonne nouvelle. Une asperge bien formée, bien nette, donne tout de suite plus envie de cuisiner.

Sur les 5 hectares de l’exploitation, la production tourne autour de 30 tonnes par an. C’est une belle quantité, mais elle repose sur une précision de tous les instants. Chaque geste compte. Chaque parcelle aussi.

Les fraises ajoutent une touche de gourmandise

Depuis son installation en 2018, Jérôme Taulelle a aussi développé la production de fraises. Et pas n’importe lesquelles. La variété Dély se distingue par son parfum, son gros calibre et son absence d’acidité. Elle est vendue 6 euros la barquette.

Les fraises représentent aujourd’hui les deux tiers des ventes de l’exploitation. C’est énorme. Et cela montre bien que les visiteurs viennent chercher plus qu’un simple produit. Ils cherchent un goût, une fraîcheur, une histoire locale.

La semaine prochaine, une autre gourmandise doit arriver avec de la confiture de fraises. L’offre s’étoffe aussi avec des tartinades à l’asperge, au basilic et à la tomate, sans oublier l’huile d’olive. De quoi composer un panier très vivant, simple et généreux.

Une vente directe qui séduit de plus en plus

La vente directe change tout. Elle permet aux clients de voir le produit, de poser des questions et de repartir avec quelque chose de vraiment frais. L’exploitation vend aussi à des grossistes de Cavaillon, à des restaurateurs et à des particuliers. Chacun y trouve son intérêt.

Cette proximité plaît beaucoup. On n’achète pas seulement une asperge ou une barquette de fraises. On achète aussi le savoir-faire, les efforts, la météo du moment, les choix de culture. C’est plus concret. Et, au fond, c’est ce que recherchent de plus en plus de consommateurs.

À La Marquise de Vers, les vignes complètent encore ce tableau. L’exploitation travaille avec la cave de Vers-Pont-du-Gard sur quarante hectares. Ce partenariat a même permis de sortir un rosé. Les bouteilles sont parties très vite. Comme quoi, sur ce territoire, les bonnes idées trouvent vite leur public.

Pourquoi ces productions parlent autant aux consommateurs

Le succès des asperges et des fraises ne tient pas seulement au goût. Il tient aussi à une forme de confiance. Les gens aiment savoir d’où vient ce qu’ils mangent. Ils aiment sentir qu’il y a des mains derrière le produit. Ici, cette réalité se voit tout de suite.

Il y a aussi quelque chose de rassurant dans ces produits de saison. On les attend. On les retrouve au bon moment. On les cuisine simplement. Et parfois, c’est justement ce qu’il faut pour redonner envie de bien manger.

À Vers-Pont-du-Gard, l’asperge et la fraise ne sont donc pas de simples productions. Elles racontent une exploitation, une équipe, des choix agricoles exigeants et une vraie passion du goût. Pas étonnant que les consommateurs soient aux anges.

Marine Borel
Marine Borel

Je vis a Lyon et j'ai passe 9 ans entre cuisine de bistrot et presse food locale. Je couvre les produits de saison, les tables qui comptent et l'actualite gastronomique avec un regard tres terrain. J'aime les infos nettes et les assiettes bien faites.

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